Martin Ziegler sur Wikipedia

Martin Ziegler

THE SEVEN SISTERS : les premiers spectateurs réagissent...

Nous assistons, fascinés, à l’alchimie des matériaux du film. Les différents gris – blancs, laiteux, rosés, enrichis d’une ombre de couleur, ou bien sombres jusqu’au noir racontent les temps du récit, la chaleur d’un maigre espoir, la lumière de l’enfance…

Emotion dans la gorge, The Seven Sisters nous laisse dans le silence, la concentration, la nostalgie des images reçues, emplis que nous sommes de ce film qui nous raconte le contraire d’une histoire en une narration comme absolue

Ce film « fait » quelque chose. Il nous retourne tête, yeux et ventre.

Après avoir vu The SevenSisters on ne veut plus rien, que le revoir. Il ne nous laisse pas de répit. J’aime ce film. Je suis abasourdie.

Les paysages comme les intérieurs sont peinture, musique, architecture, le mouvement devient son, le son devient mélodie, action, parole matérielle de la voix off qui délivre le texte à notre oreille comme si les mots avaient une consistance de sens. Dans la multiplicité des décors, ouverts, clos, quotidiens, urbains ou portuaires, sublimes paysages… de l’étroitesse d’une voiture à la vaste étendue de la lagune, le vide des personnages est paré de gravité, nostalgie, facétie… saisis dans différentes dimensions de leur existence - ou devrait-on dire de leur trajectoire - le vide des personnages est paré de gravité, nostalgie, facétie,… tous saisis dans différentes dimensions de leur existence – ou devrait-on dire de leur trajectoire ? leur naïveté, théâtralité ou l’extrême réalisme de leur condition déchue nous mène jusqu’à une forme de mythe moderne. The Seven Sisters, à voir absolument !

la femme qui se sacrifie sans rien sacrifier parce qu’elle est la résurrection de l’autre et peut-être aussi la sienne...moments de Dreyer, d'un Hopper en noir et blanc

The Seven Sisters m'a envoûté, avec ces cadres magnifiques, ces noirs et blancs profonds, les ombres et les lumières qui nous font voyager de nous-mêmes jusqu'à l'enfance, ces paysages somptueux, ces itinérances...

la mer comme vous ne l'avez jamais vue...

Une caméra qui frôle les corps, qui pénètre là où elle va rarement, sans ces détails de la vie, dans cette nature où l’objectif se vautre avec une douceur extrême pour nous offrir une grâce d’un peu plus près. Gros plans qui nous entraînent dans les matières des peaux, de l’eau, de l’herbe, des fleurs. Et les bruits, cet homme avec son micro, sa perche, son Nagra, pour entendre les oiseaux, pour nous rappeler que le cinéma, et donc la vie, c’est aussi une partition musicale que le réalisateur nous fait entendre parce qu’il s’est posé pour nous, là où nous passons, là où nous traversons, parfois le plus souvent sans plus rien voir

J’aime quand l’acteur traverse sans rien dire. Dès qu’il parle on le perd. La parole arrête le mouvement. La parole entraîne ailleurs. Il nous faut revenir à l’intérieur, là où le silence dit, là où la voix off reprend son souffle dans la césure du noir qui nous entraîne hors du temps, sans transition, vers une autre scène, mais toujours avec les mêmes visages à l’intérieur qui se cherchent, qui essaient de vouloir qu’il leur arrive quelque chose.